
Le Royaume-Uni continue d'attirer des milliers de Français chaque année, malgré les bouleversements provoqués par le Brexit. En 2024, plus de 150 000 Français ont franchi le pas de l'expatriation outre-Manche, séduits par les opportunités professionnelles, l'immersion linguistique et la proximité géographique avec l'Hexagone. Partir vivre en Angleterre, en Écosse ou au pays de Galles représente une aventure excitante, mais nécessite une préparation minutieuse pour éviter les mauvaises surprises. Entre les nouvelles règles d'immigration, le coût de la vie variable selon les régions et les particularités du système de santé britannique, il est essentiel de bien s'informer avant de faire ses valises.
Préparer son départ : démarches administratives et visa pour s'installer au Royaume-Uni
Depuis la sortie effective du Royaume-Uni de l'Union européenne, les règles d'entrée et de séjour ont radicalement changé pour les citoyens français. Contrairement à la période précédant le Brexit, où il suffisait d'une simple carte d'identité pour s'installer librement outre-Manche, un passeport est désormais obligatoire pour tout séjour. À partir de février 2026, une autorisation électronique de voyage appelée ETA sera également requise pour les courts séjours, moyennant un coût de 16 livres sterling. Cette formalité s'ajoute aux démarches déjà existantes et marque un durcissement significatif des conditions d'accès au territoire britannique.
Les différents types de visas disponibles pour les Français après le Brexit
Pour travailler et résider au Royaume-Uni sur le long terme, l'obtention d'un visa est incontournable. Le système d'immigration britannique repose désormais sur un mécanisme à points, où chaque candidat doit cumuler au minimum 70 points pour prétendre à un visa de travailleur qualifié. Les critères obligatoires incluent une offre d'emploi émanant d'un employeur agréé, des compétences correspondant au poste proposé et un niveau d'anglais attesté par un certificat B1 minimum, qui passera à B2 dès janvier 2026. Le salaire minimum requis pour ce type de visa a été fixé à 41 700 livres sterling par an depuis juillet 2025, reflétant une volonté gouvernementale de privilégier les profils hautement qualifiés.
Le Skilled Worker Visa représente la voie la plus courante pour les expatriés français souhaitant exercer une activité professionnelle qualifiée. Les frais de candidature oscillent entre 610 livres et 1 408 livres selon la durée du visa sollicité, auxquels s'ajoutent les frais d'adhésion au National Health Service, connus sous l'acronyme IHS, s'élevant à 1 035 livres par année de visa. Les candidats doivent également justifier d'économies personnelles d'au moins 1 270 livres pour prouver leur capacité financière à s'installer. Le délai de traitement standard varie généralement entre trois et huit semaines, ce qui nécessite d'anticiper largement son départ.
D'autres catégories de visas s'adressent à des profils spécifiques. Le Health and Care Worker Visa cible les professionnels de la santé et bénéficie de frais réduits à 284 livres, témoignant de la forte demande dans ce secteur. Le Creative Worker Visa concerne les métiers artistiques, audiovisuels et médiatiques. Pour les talents exceptionnels reconnus dans leur domaine, le Global Talent Visa offre une voie d'accès sans nécessiter d'offre d'emploi préalable, moyennant 716 livres de frais de dossier. Les entrepreneurs ambitieux peuvent quant à eux se tourner vers l'Innovator Founder Visa, qui exige toutefois un investissement minimum de 50 000 livres sterling. Enfin, les conjoints d'expatriés déjà installés peuvent obtenir un visa leur permettant de résider et travailler sur le territoire britannique.
Obtenir le settled status et comprendre les nouvelles règles d'immigration
Pour les Français qui résidaient déjà au Royaume-Uni avant la fin de la période de transition du Brexit, le gouvernement britannique a mis en place un système de statuts spécifiques. Le settled status s'adresse aux personnes ayant vécu plus de cinq années consécutives sur le territoire, leur garantissant un droit de résidence permanent. Celles qui comptabilisent moins de cinq ans de présence peuvent demander le pre-settled status, qui constitue une étape intermédiaire avant l'obtention du statut définitif. Ces démarches étaient essentielles pour sécuriser la situation administrative des expatriés déjà présents et leur permettre de continuer à bénéficier de l'accès au marché du travail et aux services publics britanniques.
Le processus d'obtention d'un visa requiert la constitution d'un dossier complet comprenant un Certificate of Sponsorship fourni par l'employeur, les résultats d'un test d'anglais reconnu, un passeport valide ainsi que des informations détaillées sur le poste occupé et le salaire annuel. Les qualifications professionnelles doivent correspondre au niveau RQF Level 6 ou supérieur, équivalent à un diplôme de licence ou master. Pour certains profils, notamment dans les secteurs en tension comme la santé, l'ingénierie, l'enseignement ou le développement logiciel, les chances d'obtenir un visa sont nettement améliorées. Le marché du travail britannique affiche un taux de chômage relativement bas de 4,8 pour cent, ce qui témoigne d'une économie dynamique offrant de réelles perspectives pour les candidats qualifiés.
Budget et coût de la vie : combien prévoir pour vivre à Londres et dans les autres régions britanniques
La question financière constitue souvent le premier frein pour les candidats à l'expatriation britannique. Le coût de la vie au Royaume-Uni est généralement comparable, voire supérieur, à celui observé en France, particulièrement dans la capitale londonienne. Un expatrié célibataire doit prévoir un budget mensuel réaliste d'environ 4 000 livres pour couvrir l'ensemble de ses dépenses courantes à Londres, tandis qu'une famille de quatre personnes peut facilement atteindre 5 500 livres mensuelles. Ces montants incluent le loyer, les courses alimentaires, les transports, les factures d'énergie et les loisirs, mais peuvent varier considérablement selon le quartier choisi et le mode de vie adopté.
Comparaison des dépenses entre Londres et les villes de province
Londres demeure la ville la plus onéreuse du pays, avec des loyers qui atteignent des sommets. Un appartement de deux pièces en centre-ville nécessite un budget locatif compris entre 1 800 et 2 500 livres par mois, ce qui représente une part substantielle des revenus. En dehors de la capitale, les tarifs deviennent nettement plus abordables. Des villes comme Manchester, Birmingham, Leeds ou Bristol offrent un excellent compromis entre opportunités professionnelles et qualité de vie, avec des loyers moyens bien inférieurs. À Leeds par exemple, le salaire médian tourne autour de 26 000 livres annuelles, contre 46 000 livres à Londres, ce qui reflète également un coût de la vie ajusté à la baisse.
Les courses alimentaires représentent environ 200 à 300 livres par mois pour une personne seule, des montants comparables à ceux pratiqués en France. Une douzaine d'œufs coûte environ 2,70 livres, un pot de confiture 2,20 livres, quatre boîtes de thon 3 livres et 500 grammes de riz 1,30 livre. Les transports en commun constituent également une dépense significative, particulièrement dans la capitale où le pass mensuel Oyster Card pour les zones 1 et 2 s'élève à environ 164 livres, soit approximativement 177 euros. Ce montant peut sembler élevé, mais le réseau de transports londonien est extrêmement développé et permet de se déplacer efficacement sans véhicule personnel. Dans les villes de province, les coûts de transport sont généralement moins élevés, et beaucoup d'expatriés optent pour le vélo ou la marche pour leurs déplacements quotidiens.
Le salaire médian annuel au Royaume-Uni s'établit à environ 37 000 livres, avec des variations importantes selon les régions et les secteurs d'activité. À Londres, ce chiffre grimpe à 47 500 livres en moyenne, reflétant à la fois les opportunités professionnelles plus nombreuses et le coût de la vie élevé. Le salaire minimum britannique a été fixé à 12,21 livres de l'heure pour les plus de 21 ans depuis avril 2025, soit 10 livres pour les 18-20 ans et 7,55 livres pour les mineurs et apprentis. Ces montants garantissent un revenu décent même pour les emplois moins qualifiés, contrairement à ce qui peut être observé dans d'autres pays européens.

Fiscalité et gestion des impôts pour les expatriés français
Le système fiscal britannique diffère sensiblement du modèle français, notamment par le calcul des impôts directement sur le salaire brut et non sur le net. Les taux d'imposition sont progressifs, allant de 0 pour cent pour les revenus les plus modestes jusqu'à 45 pour cent pour les hauts revenus. À cela s'ajoute la National Insurance, une cotisation sociale prélevée entre 8 et 12 pour cent du salaire, qui finance le système de sécurité sociale et de retraite britannique. Pour les salariés n'ayant qu'un seul employeur, la fiscalité se révèle relativement simple grâce au prélèvement à la source, évitant les déclarations complexes en fin d'année.
Les expatriés français doivent également se renseigner sur les conventions fiscales entre la France et le Royaume-Uni afin d'éviter une double imposition. Il est généralement nécessaire d'obtenir un National Insurance Number, sorte d'équivalent britannique du numéro de sécurité sociale français, pour pouvoir travailler légalement et cotiser correctement. Cette démarche administrative peut être effectuée en ligne ou par téléphone et constitue une étape indispensable dans le processus d'installation. L'ouverture d'un compte bancaire britannique facilite également la gestion quotidienne des finances, même si certaines banques en ligne permettent désormais de gérer ses flux internationaux avec davantage de souplesse. Construire son credit score, soit son historique de crédit, devient important pour accéder ultérieurement à des prêts immobiliers ou des crédits à la consommation, car le système bancaire britannique accorde une grande importance à cette notation.
Système de santé britannique : NHS, assurances privées et couverture médicale
Le National Health Service, universellement connu sous le sigle NHS, constitue le pilier du système de santé britannique. Fondé en 1948, il repose sur le principe de gratuité au moment de l'utilisation, financé par les contributions fiscales des résidents. Tous les expatriés titulaires d'un visa de travail ont accès aux soins gratuits, à condition de s'être acquittés de l'Immigration Health Surcharge lors de leur demande de visa. Cette taxe, qui s'élève à 1 035 livres par année de visa, garantit l'accès complet aux services hospitaliers, aux consultations de médecins généralistes et aux urgences.
Fonctionnement du National Health Service et accès aux soins pour les expatriés
Pour bénéficier pleinement du NHS, il est indispensable de s'enregistrer auprès d'un GP, abréviation de General Practitioner, soit un médecin généraliste. Ce praticien devient le point d'entrée obligatoire dans le parcours de soins britannique et oriente les patients vers des spécialistes ou des examens complémentaires si nécessaire. L'inscription auprès d'un GP s'effectue en fournissant une preuve d'identité et une adresse de résidence, démarche généralement simple mais essentielle dès l'arrivée sur le territoire. Le NHS garantit une couverture complète et universelle, mais les délais d'attente peuvent parfois être longs pour certaines consultations spécialisées ou interventions chirurgicales non urgentes, ce qui constitue l'une des critiques récurrentes formulées à son encontre.
Les services d'urgence restent totalement gratuits et accessibles en cas de besoin, tout comme les soins hospitaliers pour les pathologies graves. Les prescriptions médicales sont également facturées à un tarif forfaitaire modeste en Angleterre, tandis qu'elles sont totalement gratuites en Écosse, au pays de Galles et en Irlande du Nord. Cette différence témoigne des variations régionales au sein du Royaume-Uni, chaque nation disposant d'une certaine autonomie dans la gestion de son système de santé. Pour les expatriés habitués au système français de remboursement par l'Assurance Maladie, l'adaptation au modèle britannique peut nécessiter un temps d'acclimatation, mais la plupart des résidents se déclarent satisfaits de la qualité des soins reçus.
Souscrire une assurance santé privée ou internationale : avantages et tarifs
Face aux délais d'attente parfois prolongés du NHS pour certaines consultations spécialisées, de nombreux expatriés choisissent de souscrire une assurance santé privée complémentaire. Cette option permet d'accéder plus rapidement à des spécialistes, de bénéficier de chambres individuelles lors d'hospitalisations et de choisir librement ses praticiens. Les tarifs des assurances privées varient considérablement selon l'âge, l'état de santé et l'étendue des garanties souhaitées, mais représentent généralement un investissement mensuel de plusieurs dizaines à plusieurs centaines de livres. Pour les cadres expatriés, il n'est pas rare que l'employeur propose une couverture santé privée dans le package de rémunération, ce qui constitue un avantage appréciable.
Les assurances santé internationales représentent une alternative intéressante pour les expatriés qui voyagent fréquemment ou envisagent de s'installer dans plusieurs pays successivement. Ces formules offrent une couverture mondiale, incluant souvent des garanties rapatriement, des consultations en France lors des retours temporaires et une assistance multilingue. Leur coût est généralement plus élevé qu'une assurance privée britannique classique, mais la flexibilité et l'étendue géographique des garanties peuvent justifier cet investissement pour certains profils. Il est recommandé de comparer attentivement les offres avant de souscrire, en prêtant une attention particulière aux exclusions, aux plafonds de remboursement et aux délais de carence éventuels. Le choix entre le NHS seul, une assurance privée locale ou une couverture internationale dépend avant tout des priorités personnelles, du budget disponible et de la situation professionnelle de chaque expatrié.









